Comment pardonner quelqu’un ?

23 Juin, 2020

Quand quelqu’un nous trahit ou se comporte d’une manière qui nuit à notre bien-être, le premier réflexe est de se mettre en colère. C’est parfaitement normal, et humain, je dirais même. Toutefois, si la personne concernée est un proche, alors la question du pardon surgit forcément à un moment donné.

Est-ce qu’il faut que je pardonne ? Suis-je obligé(e) de pardonner ? Peut-on tout pardonner, et si oui, comment ?Vaste sujet ! Pour te répondre, j’ai fait une petite vidéo (et d’ailleurs je t’invite d’ores et déjà à me suivre sur YouTube).

J’invite à présent celles et ceux qui veulent approfondir le sujet du pardon à s’installer quelques minutes de plus. Je vous parle un plus en détail du pourquoi et du comment pardonner quelqu’un.

Pourquoi pardonner ?

Pardonner demande parfois beaucoup d’efforts. Efforts qu’il faut faire pour une personne qui nous a trahis ou qui nous a causé un tort ! Franchement, il y a de quoi croiser les bras, taper du pied et crier que non, on ne pardonnera pas. Parce que cette personne ne le mérite pas. Parce que c’est injuste. Et puis parce que ce serait trop facile.

C’est le premier réflexe que beaucoup d’entre nous avons. Ce sentiment de colère est compréhensible. Mais puisque tu es ici, je t’invite à revoir ta définition du pardon. L’idée qu’on se fait du pardon découle bien souvent de notre héritage religieux, et ce n’est pas forcément en adéquation avec qui on est…

Pardonner, ce n’est pas absoudre quelqu’un. Ce n’est pas lui retirer la responsabilité de ses actes. Ce n’est pas à toi de décider si cette personne avait ses raisons d’agir ainsi. Ce n’est pas à toi de décider si celle-ci doit se sentir coupable.

En réalité, pardonner c’est quelque chose que l’on fait avant tout pour soi-même. C’est se permettre de guérir, d’apprendre, d’évoluer et d’aller de l’avant. D’ailleurs, le pardon ne concerne pas forcément une personne tierce. Parfois il est question de se pardonner à soi-même.

(Se) Pardonner c’est un acte d’amour, de bienveillance. Et d’ailleurs, c’est prouvé scientifiquement : le pardon c’est bon pour la santé.

Quand nous pardonnons, quand nous ne sommes plus dans la colère, dans le ressentiment, quand ces pensées ne reviennent plus constamment dans nos têtes, on améliore notre santé. On diminue notre niveau de stress, on augmente nos niveaux d’immunité et on améliore la circulation sanguine.

Peut-on et faut-il tout pardonner ?

À froid, on le sait, le pardon est source de libération. Et puis, on l’entend partout, ça résonne comme un mantra : « il faut que tu pardonnes, que tu pardonnes à l’autre, à toi-même… »

Mais lorsqu’on est réellement confronté à devoir pardonner quelqu’un, on a juste envie d’être comme un enfant qui va piquer une crise, qui va détester la terre entière ! Et on a très vite fait de penser qu’il y a des choses impardonnables.

Alors, peut-on tout pardonner ? Peut-on pardonner une infidélité ? Peut-on pardonner une agression sexuelle ? Une trahison ? Un mensonge ?Si une part de toi reste bloquée, alors c’est sans doute que tu n’as pas intégré le fait que le pardon, ce n’est pas pour l’autre, mais pour toi. Ce que je veux dire, c’est que :

  •  Ce n’est pas parce que tu pardonnes que tu dois « faire comme si de rien n’était ». Pardonner ne diminue pas la gravité d’un acte.
  • Tu n’es pas non plus obligé(e) de maintenir cette relation. Tu peux pardonner, mais décider de couper les ponts. Ce n’est pas contradictoire.
  • Et encore une fois, ce n’est pas parce que tu pardonnes que cette personne n’aura pas à affronter les conséquences de ces actes. Une trahison pardonnée ne signifie pas que tu lui accordes ta confiance…

Finalement, pardonner c’est mettre un point final à une situation donnée. Ce n’est pas effacer. Ni transformer.

Réussir à pardonner quelqu’un : les étapes du pardon

Et là, tu te dis « punaise, mais comment on fait pour mettre un point final ? ». Ne t’en fais pas, je suis passée par là, et même si c’est encore en processus, je peux te partager quelques conseils pour pardonner quelqu’un.

#1. Accepter la situation

Le premier conseil que je peux te donner c’est de prendre le temps d’intégrer la situation. Parfois, on a envie de vite passer l’éponge et de faire comme si de rien n’était. On pense qu’il suffit de dire « c’est bon, c’est du passé ». Mais non, ce n’est pas ça pardonner. Ça, c’est nier !

J’ai une cliente qui sentait qu’elle devait pardonner, que quelque chose devait lâcher en elle. Je lui ai demandé si elle pouvait pardonner, et non, elle m’a répondu que ce n’était pas juste, ce n’était pas le moment. J’ai trouvé ça génial qu’elle s’écoute, qu’elle ne fasse pas un faux pardon.

En fait, il y a plusieurs couches dans le pardon.

Par exemple, quand j’ai subi mon agression sexuelle, sur le moment, j’avais complètement pardonné à la personne qui avait fait ça par contre je n’arrivais pas à me pardonner. Il m’a fallu environ 3 ans pour réussir. Au moment où j’ai envisagé de me pardonner, je n’arrivais plus à pardonner à mon agresseur.

Le premier niveau était superficiel, j’étais dans le déni. Puis je me suis pardonnée. Me pardonner de ne pas avoir réussi à faire ce que j’aurais dû faire selon moi.

Prends ton temps. Accepte cette envie de ne pas pardonner.

#2. Reconnaître ses émotions

Une fois que tu auras affronté et intégré le fait que tu n’es pas un modèle d’empathie et de spiritualité, que tu es en colère et que tu souhaites éventuellement du mal à cette personne, il va te falloir faire sortir toute cette négativité.

Tu ne peux pas pardonner tout en étant en colère.

Reconnais et accueille les émotions qui doivent passer. Accueille la colère, le dégoût, la honte, la tristesse, la frustration. C’est un processus qui prend des mois voire des années. Mais tu dois vraiment sortir du déni, mettre de la conscience sur les émotions ressenties.

Pour accepter tes émotions, tu le sais peut-être, il existe certaines techniques :

  • La méditation est sans doute la plus connue. Si tu n’as jamais pratiqué, je te recommande de commencer par une méditation guidée. Tu en trouveras facilement une sur internet.
  • Si ton mental est vraiment trop actif, tu peux aussi faire des exercices de respiration.
  • Tu peux aussi pratiquer l’écriture automatique : écris sans réfléchir tout ce qui te vient à l’esprit.
  • Enfin, tu peux aussi verbaliser la situation et dire à haute-voix ce qui s’est passé, ce que tu ressens, etc.

Sois indulgent(e) avec toi-même, comprendre ses émotions est tout sauf facile. Très peu de personnes y parviennent réellement… D’où, le prochain conseil que je te donne pour pardonner quelqu’un !

#3. En parler à quelqu’un

Parfois, on ne sait pas comment pardonner quelqu’un parce qu’on a le nez collé au tableau. On n’arrive pas à prendre du recul, et on sent que c’est un peu comme une spirale : plus ça va, et plus on se sent envahi par les émotions négatives.

Dans ce cas, il peut être bon d’en parler à quelqu’un. Il peut s’agir d’un proche en qui tu as confiance, qui n’a pas de conflit d’intérêts avec la situation donnée. Tu peux aussi te tourner vers un(e) thérapeute. Cette personne sera complètement neutre et pourra t’accompagner tout au long du processus, pas seulement le temps d’un verre ou d’une soirée, comme ça peut être le cas si tu te tournes vers quelqu’un de ton entourage.

Dans tous les cas, en parler à quelqu’un t’aidera à voir les choses sous un autre angle. Et puis, le fait de raconter, de témoigner, permet réellement de clore le processus d’acceptation.

#4. Lâcher-prise et pardonner

Vient ensuite le moment de pardonner. Eh oui, un jour ou l’autre, tu seras prêt(e). Tu pourras lâcher-prise et arrêter de souffrir pour ce qui est arrivé.

Mais concrètement, comment savoir si on a vraiment pardonné quelqu’un ? Tu es capable d’avoir un regard détaché par rapport à la situation donnée. C’est arrivé, et c’est ainsi. Ce qui est fait est fait. Et tu l’acceptes. Il n’y a rien à ajouter et rien à enlever.

À vrai dire, c’est une sensation un peu complexe à décrire. Mais une chose est sûre, quelqu’un qui a pardonné ne recasse plus le passé. Et peut parler de ce qui est arrivé sans rancœur, sans haine.

Le pardon passe-t-il par un « je te pardonne » ? Je crois que ça dépend de ta situation. Sans doute, il peut être bénéfique « d’affronter » cette personne. D’ailleurs parfois il faudra l’affronter, car peut-être auras-tu le besoin d’entendre sa version de l’histoire. Mais je te conseille d’attendre d’avoir digéré la situation, pour ne pas réagir sous le coup des émotions…

#5. Aller de l’avant

Pardonner permet d’être en paix avec soi-même, mais aussi d’évoluer, d’avancer. Il se peut que ce soit difficile à attendre, mais « tout ce qui nous arrive est pour le mieux ». Il y a toujours quelque chose à apprendre derrière chaque situation.

Tu peux découvrir que tu es plus fort(e) que ce que tu pensais. Ou que tu es plus indépendant(e). Te rendre compte que tu es bien entouré(e). Parfois avec le recul, tu peux t’apercevoir que cette situation, ce n’est pas la première fois que tu dois l’affronter. Tu peux alors aller chercher en profondeur, comprendre et sortir de ce cycle pour enfin laisser ton passé tranquille et aller de l’avant.

Bref. Une fois que tu auras pardonné, tu pourras rebondir. Et tu verras à quel point le pardon est bénéfique. Sans le poids de la colère, de la rancune et de la vengeance, tu peux t’envoler très haut…

 Des techniques pour pardonner plus facilement ?

Pardonner quelqu’un au quotidien

Pardonner ce n’est pas simple donc c’est bien de s’entraîner. D’autant que ce ne sont pas les situations du quotidien qui agacent qui manquent !

La queue de poisson sur l’autoroute, c’est un exemple typique d’une situation qui peut t’arriver tous les jours quand tu prends la route. Au quotidien tu peux faire l’exercice de pardonner. Même si c’est un tout petit pardon. Tu t’entraînes à augmenter cette compassion, cette bienveillance.

On peut s’entraîner au quotidien. Pardonner les petites erreurs des autres, les petites infractions, les petites agressions.

Alors avant de juger (et d’insulter le monde), essaye de prendre un peu de recul. Cette personne a peut-être de très bonnes raisons et si elle n’en a pas ce n’est pas grave ! Le fait que tu sois en colère, ça ne change rien pour elle. Par contre toi, ça va te faire beaucoup de mal ! La colère, la frustration, ce sont des émotions hyper nocives.

Petit à petit, la pratique quotidienne va t’aider à muscler ta compassion, ton pardon. Et quand tu devras affronter une situation compliquée, tu seras plus à même de pardonner.

Le Ho’oponopono

L’une des techniques les plus connues (et les plus efficaces) pour réussir à pardonner quelqu’un, c’est le Ho’oponopono. Si tu ne connais pas, je t’invite chaudement à te renseigner sur le sujet, car c’est très, très intéressant !

Le Ho’oponopono est une pratique ancestrale hawaïenne. Plus qu’une pratique, c’est même un rituel. Un rituel du pardon et de la réconciliation, avec soi-même et avec quiconque. Il faudrait réellement beaucoup plus que quelques lignes pour t’expliquer correctement ce dont il s’agit.

Mais, pour que tu aies une petite idée de la chose, il s’agit d’utiliser des mantras qui vont te permettre de rétablir l’harmonie. Ce sont quatre mantras très simples à retenir :

  • Je suis désolé(e). D’être énervé(e), d’avoir créé cet évènement ;
  • Pardon. Je m’autorise le pardon ;
  • Merci à la vie de me permettre de me confronter à certaines facettes de moi, de cette personne ;
  • Je t’aime, je m’aime, j’aime la vie.

L’idée ici comme tu peux le voir, c’est de prendre conscience que tout ce qui nous arrive peut potentiellement nous être bénéfique. Mais pour que ce soit le cas, il faut en être convaincu. Ces quatre mantras sont censés t’aider à te convaincre, t’aider à ne pas oublier.

Voilà, j’espère que j’ai pu t’apporter un peu d’aide et que tu sais un peu mieux comment pardonner quelqu’un. Si jamais tu as envie d’en parler, de partager ton expérience, n’hésite pas à me contacter !

Avec tout mon amour,

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