Les challenges de la vie d’une jeune maman : dépression post-partum & Cie

22 Mar, 2021

Récemment, je suis devenue maman. J’ai d’ailleurs partagé l’expérience de mon accouchement à domicile il y a quelques mois. 

Je te le dis sans langue de bois : punaaaaaaise, quel chamboulement ! Quel incroyable circuit de montagnes russes ! Et surtout, quel gros mensonge sociétal !

(Même si, heureusement, quelques voix commencent à s’élever sur les réseaux sociaux. Et quelques auteures comme Cécile Doherty et son livre Nouvelle Mère s’appliquent à démentir le mythe.) 

Si je résume ce gros secret pour celles qui n’ont pas eu d’enfant, c’est : on te fait croire que l’accouchement, c’est le sommet de l’expérience… Alors que pas du tout ! C’est une porte, un passage. 

Le vrai challenge, c’est après. Le vrai challenge, c’est survivre au baby blues et à la dépression post-partum qui te pend au nez. 

AVOIR UN BB : ENTRE BONHEUR ET BLUES

Devenir mère, être une femme forte

Accoucher, c’est passer de l’état de plénitude à la sensation de vide intersidéral. Et crois-moi, au sens propre, comme au figuré. 

Femme enceinte, tu portes la vie, tu es belle. Tes proches te chouchoutent, tu es prioritaire aux caisses et à la vue de ton gros ventre, les gens ont ce regard ému…

Et puis tu accouches. Et c’est là que tu comprends que le vrai challenge commence. 

Personnellement, je croyais que se challenger c’était partir en voyage dans un pays inconnu, ou tout donner pour un sport, ou encore créer son entreprise. FAUX. 

Le vrai challenge, le vrai dépassement de soi, c’est la maternité.

L’intensité, la souffrance, la culpabilité extrême, l’anéantissement du soi.

Moi qui me croyais fragile et sensible, je découvre que je peux survivre à des semaines emplies de nuits sans sommeil. Je me rends compte que je peux oublier mon corps. Au point de ne plus sentir ni le chaud ni le froid. Je découvre que la douleur est une sensation qui se dépasse et s’oublie…

Je peux le faire. J’en suis capable. Toutes les femmes ont ce potentiel en elles. Mais parfois, nos traumatismes et nos peurs nous empêchent d’en prendre pleinement conscience. Il est alors si facile de s’effondrer. Comme le marbre. Fortes, mais fragiles… 

J’ai le blues, j’ai le baby-blues… 

J’ai choisi d’être mère, c’est une chance. Et un fardeau. Un fardeau que les spécialistes aiment appeler baby-blues… 

Les premiers jours après la naissance, je me sens vide, un peu molle. Je ne me reconnais pas. C’est comme s’il ne s’était rien passé extérieurement alors qu’intérieurement… Mon monde était en mode chaos.

Je me sens comme une moins que rien. Nulle, inexistante. 

Il y a ces jours où ma fille pompe toute mon énergie, où elle me demande plus que ce que j’ai réellement à donner. Ces jours où chaque instant est consacré à répondre aux moindres de ses besoins et où je me sens disparaître. 

Et puis : 

  • La culpabilité. Ce bébé qui pleure, mais que tu ne comprends pas. D’autant plus que nous étions à la maison, donc pas de soutien de la sage-femme ou autre en continu…
  • La sensation d’être perdue. Mon amoureux et moi étions réellement perdus. Et c’est normal, puisqu’on découvre une nouvelle facette de nous, une nouvelle façon d’être de soi en tant qu’individus et en tant que couple parental.
  • La peur d’être une mauvaise mère. La peur de casser, de traumatiser, de faire du mal. D’autant plus que juste après la naissance, j’avais des flashs d’une grande violence dès que je m’endormais — ce qui est avec les cauchemars très commun et est vite passé, mais peut faire extrêmement peur.

Voilà donc ce qu’on appelle, un peu nonchalamment : le baby-blues. Il parait que ça ne dure que deux petites semaines. Et qu’au-delà de cette durée on parle alors de « dépression post-partum ». 

 

DÉPRESSION & PSYCHOSE POST-PARTUM : TU N’ES PAS ANORMALE

 

On met des mots parfois très durs sur des émotions et des situations très profondes. Dépression post-partum. Psychose post-partum. Qui a envie de les endosser ? Et pourtant, il faut bien reconnaître que les jours et les mois qui suivent un accouchement sont chaotiques sur tous les plans

Quoi de plus normal que de se sentir dépressive. Ou d’avoir la sensation que l’on est sur le point de devenir folle. 

L’accouchement, c’est la naissance de ton bébé, mais c’est aussi ta naissance en tant que mère. Tu es vulnérable. Alors, forcément tes traumas et tes peurs remontent à la surface et s’expriment en émotions fortes… 

Dans mon cas, ce qui a prédominé chez moi, c’est la colère. L’injustice. 

Quand la fatigue physique se tasse, que je me remets en mouvement, que je reprends une activité plus soutenue à la maison et que mon amoureux est reparti au travail…

Je suis en colère, une rage sourde, j’ai envie de casser des choses et de faire du mal.

Je suis en colère contre le monde qui m’a faite femme. Je suis en colère contre cette société qui fait que mon partenaire est reparti travailler 6 jours après la naissance. Je lui en veux à lui qui ne gère pas comme je le voudrais, qui a besoin de temps pour rencontrer ses responsabilités de père. 

Je suis en colère contre moi qui ai du mal avec mon rôle de jeune maman, qui ait envie de travailler plutôt que de m’occuper de ma fille, qui souffre de cette fusion et cette proximité physique.

Je déteste cette situation où je me sens esclave, soumise, détruite.

devenir mère

 

LA DÉPRESSION POST-PARTUM : MES CONSEILS POUR L’ADOUCIR 

 Préparer son post-partum

Je parlais un peu plus tôt du mensonge sociétal, mais si tu es ici, c’est que tu n’es pas dupe ! Tu le sais, toute une avalanche de changements est en route. Alors : prépare ton 4e trimestre, prépare-toi à cette fichue dépression ou psychose post-partum ! 

  • Lis sur le sujet, instruis-toi. Il existe des livres, Bien vivre le 4eme Trimestre au naturel de Julia Simon par exemple. 
  • Organise-toi, c’est le meilleur remède contre le chaos.

Dans notre cas, nous avions bien discuté avec mon compagnon pour savoir qui ferait quoi (en gros, il faisait tout  — cuisine, ménage, soin de nous deux… Je me reposais ou l’allaitais). J’avais préparé une fiche avec tout ce qui était prévu ou à prévoir, toutes les infos utiles (quoi me faire à manger, quoi me donner à boire, les démarches administratives, les numéros importants…) pour me libérer l’esprit et que mon partenaire ait toutes les infos !

Enfin, le congélateur était plein de bons plats préparés par nos soins ou nos familles. Quand nos parents sont venus nous voir à J+6, ils amenaient à manger !

  • Prépare-toi à ne rien contrôler, à ne pas savoir, à te sentir dépasser. Ça va être dur, mais tu y arriveras. Fais-toi confiance, ai confiance en ton bébé.
  • Sois bien entourée, demande de l’aide. Il n’y a aucune gloire à souffrir pour réussir seule. Parfois un coup de main, le passage d’une voisine ou le soutien de belle maman peut venir éclairer ta journée et ta semaine. Et ça en vaut la peine, la première année de vie de ton bébé est un marathon. On doit tenir la distance !

Après l’accouchement : pas de pression…

Mon seul vrai conseil : prends soin de toi. À tous les niveaux et sur tous les plans.

Si tu n’as pas encore accouché, tu te dis peut-être que ça coule de source. Une fois ton bébé là, tu verras qu’il faudra parfois te forcer à prendre ne serait-ce que 5 minutes pour toi.  

Je sais que c’est dur, mais dormir dès qu’on le peut est essentiel. Tout comme se prendre au moins une douche par jour. Méditer, respirer, sentir son corps. Tout ça, est essentiel pour tenir le coup, pour ne pas s’effondrer d’épuisement physique et psychique… Mais aussi pour retrouver un sens de soi. 

Je ne suis plus cette femme sans enfant, la Camille que je connaissais, ma fille me demande d’être que mère, mon conjoint n’a d’yeux que pour notre petite. Qui suis-je ? 

Les hormones aidants, tu seras peut-être une vraie fontaine post accouchement et c’est ok ! Ce n’est pas la peine de culpabiliser parce que tu devrais être heureuse d’être avec ton bébé ou de croire que tu vas le traumatiser parce qu’on te dit que les bébés sont des éponges.

La plus belle leçon que tu puisses donner à ton enfant, c’est que tu es humaine et que les émotions sont normales !

Accueille tes émotions, pleure, exprime.

Explique à ton enfant ce qui se passe. Je disais à la mienne que je l’aimais très fort, que j’étais heureuse qu’elle soit là, mais que j’avais des émotions fortes à me découvrir dans ce nouveau rôle, que je me sentais un peu perdue, mais que je faisais au mieux.


Qu’elle comprenne ou pas, ça pose des mots, elle ne reste pas avec l’incompréhension, la sensation qu’il se passe quelque chose, la charge émotionnelle.

Être bien accompagnée

Ça va passer, c’est quelques jours, quelques semaines ou quelques mois. Et bientôt, tu auras oublié, et ton compagnon aussi. Mais ce n’est pas une période anodine. Alors parlez-en, demandez de l’aide et soyez entourés. 

Ne passe pas tes journées à lire les symptômes de la dépression post-partum ou de la psychose post-partum en te demandant si tu fais partie de ses femmes qui n’arrivent pas à gérer leur maternité. Sache-le : tu en fais partie. J’en fais partie. On en fait toute partie. Et c’est ok. 

Et surtout, quoi que tu fasses : tu es une bonne mère, tu vas t’en sortir, tu es la mère parfaite pour ton bébé.

Info que j’avais adoré lire : les bébés sont faits pour survivre aux jeunes parents (OUF).

Si tu as envie d’en parler à un psychologue. Fais-le. Si tu as envie d’en parler à une amie. Fais-le. Fais tout pour te sentir accompagnée. Ne rumine pas toute seule dans ton coin. 

Entoure-toi de personnes bienveillantes. Les visites uniquement pour voir le bébé, évites. Les gens qui viennent te masser, te faire à manger… C’est mieux.

Si tu sens que le post-partum te fait mal, que tu as du mal à vivre cette situation ou à faire coexister la mère et la femme, si tu sens que la naissance a fait remonter les fantômes du passé et de vieux traumas… Je propose un accompagnement de groupe, entre femmes pour vivre et partager pleinement cette transition de vie, pour que tout soit plus doux pour toi.

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Avec tout mon amour,

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