Camille Picazo

Faire face à des violences

Récemment j’ai eu affaire à des cas de violence domestique. Ces deux cas concernés le partenaire sur sa compagne.

La violence c’est un sujet qui est difficile à aborder, très délicat. Pour autant il est indispensable aujourd’hui d’ouvrir les bouches, de commencer à en parler, de lever ce sujet encore tabou.

J’ai longtemps cru, et d’ailleurs appris lors de ma formation de naturopathie que quand il nous arrive quelque chose, un accident, un incident, une violence, une agression, nous sommes responsables de ce qui nous arrive.

Qu’il y avait une partie de nous qui avait besoin de vivre ça, une partie de nous qui était dans son rôle de victime ou un besoin de guérison à une échelle transgénérationnelle. Le problème de cette croyance c’est que c’est hyper culpabilisant et c’est horrible pour la personne qui a subi l’agression, la violence, de penser qu’elle est responsable de ce qui se passe.

Aujourd’hui je prends un peu des pincettes pour t’en parler. J’ai pris un peu de distance avec cette croyance, parce que lors de mon agression sexuelle j’ai cru aussi que j’étais responsable. Je pensais que je l’avais cherché, que c’était de ma faute, que j’avais envie et besoin de vivre ça à un moment de ma vie. En ayant cette réaction je déculpabilisais complètement l’autre, celui qui avait perpétué l’acte criminel.  Et c’était à moi de porter tout le poids de la responsabilité.

Je pouvais pardonner à l’autre mais je ne pouvais pas me pardonner.

Comment pouvons-nous digérer cet acte, cette violence, intégrer ce trauma ?

Oui, c’est un trauma. Tu as eu un choc violent au niveau émotionnel ou physique.

« Trauma » C’est un gros mot qui reprend beaucoup de choses mais ça veut dire qu’il y a eu une disruption au niveau du système nerveux et qu’il va falloir la réparer.

La première chose que je peux t’encourager à faire c’est d’accepter, d’accueillir cette situation, d’accepter que tu as été victime.

Victime de violences physiques, verbales, morales, sexuelles. Tu es la victime dans cette histoire. Ce n’est pas à toi de porter le poids, la responsabilité, la culpabilité. Tu as été la personne qui a subi les actes d’une autre personne. Tu as été peut-être au mauvais endroit au mauvais moment et c’est important déjà de laisser reposer ça.

Eventuellement se faire aider par un thérapeute, par quelqu’un qui est formé à tout ce qui est violence.

Il peut être intéressant de te faire aider par un(e) assistant(e) social(e), quelqu’un qui sera adéquat pour t’écouter, t’offrir ce dont tu as besoin. Pour guérir, c’est une étape qui est facultative mais qui sera essentielle.

Il faudra peut-être accepter de vivre les émotions.  Ça peut être difficile de se dire “j’ai été victime d’un tel acte”. C’est trop dur de sentir la culpabilité, la honte, la salissure, la colère qu’on a contre soi. La colère contre le monde, contre la personne qui a perpétué cette violence.

Du coup on préfère tout mettre sous le tapis. Je suis triste, déprimée, je me dis que ça passera…c’est obligé que je m’en sorte. Une phrase très célèbre dans la guérison du trauma c’est « Pour guérir il faut ressentir »

Quand on se coupe de ce ressenti physique, on se coupe de notre corps, de notre système nerveux. On se coupe du bon mais aussi de la guérison. La guérison elle ne peut arriver que par le corps, que par les ressentis physiques

S’autoriser à vivre ces émotions

Si c’est de la colère, tape dans un coussin, crie, hurle, va courir, fais de la boxe …

De la tristesse, mets-toi en boule et pleure. Si tu as envie de manger du chocolat, mange du chocolat !

Fais les choses qui te font du bien mais accepte cette période. C’est une période, une phase et ça va passer je te le promets.  

Pouvoir en parler

Très souvent on entend qu’il ne faut rien dire, que ça détruirait ton père, ta mère. Tu as peur de détruire ta famille et puis …c’est la honte ! Tu t’es fait battre c’est la honte. Aujourd’hui c’est important, d’ouvrir la bouche et de dire non. Non tu n’as pas à avoir honte. Tu ne dois pas avoir honte car tu as été agressée, battue, violée. Tu n’es pas inférieure car tu as subi ces violences, tu n’es pas responsable, tu n’as pas moins de valeur. Parle, libère-toi, libère cette parole, le plus simplement possible. Quand une personne bienveillante est prête à t’écouter, raconte-lui. Ça te fera du bien. A toi, à l’autre et à la société. Ces sujets doivent être moins tabous. Il faut enlever cette omerta présente sur ces sujets. C’est ce silence qui fait que c’est aussi douloureux.

Laisser le temps

Le temps de te pardonner, de pardonner la situation, peut-être de pardonner à l’autre… Je pense que ce sera quand même intéressant de venir pardonner à l’autre à un moment donné. Ça te permettra de te défaire de cette colère, de cette salissure, de cette marque qui a été posé sur toi. Avec le temps tu réussiras à te reconstruire. Tu ne seras plus dans la dépression, dans la douleur, dans ce marquage au fer rouge. Il faut laisser le temps. Accueillir ce qui est, vivre ces émotions, demander de l’aide.

  • J’ai le droit d’avoir subi cette violence,
  • J’ai le droit de ressentir
  • J’ai le droit de parler de mon expérience

Le sujet de la violence est tabou, comme le sexe, comme beaucoup d’autres sujets. Nous sommes dans la honte, la culpabilité, la colère contre soi. On se ronge de l’intérieur. On pense que nous ne sommes pas normales, que nous sommes la seule à avoir vécu ça. Pourtant j’ai envie de te dire NON. Tu n’es pas seule. Nous sommes nombreuses à traverser cette épreuve. C’est pour cette raison qu’il est important d’en parler, de banaliser cette expérience, de briser le tabou de la violence. En effet elle n’est pas normale mais banale malheureusement. Je te donne cette validation, le droit de réagir, de ressentir ces émotions, de vivre, de survivre. Tu es normale !  

Ce qui est anormal c’est cette société, cette culture du viol qui se propage, de famille en famille, de génération en génération. Ça, ce n’est pas normal.

Je peux vous faire une promesse, ça ira mieux !

Je n’ai pas vu une seule personne dans ma courte carrière qui n’a pas réussi à aller mieux. Il vous faut du temps, travailler avec les personnes adaptées en apprenant à ressentir. Ressentir ce qui est, se poser dans ce ressenti. Je te promets tout ça n’est qu’une phase. Il y aura peut-être un travail à faire sur le trauma, sur les émotions, sur la marque énergétique laissée sur toi. Mais je te promets qu’un jour, peut être prochainement tu réussiras à revivre pleinement, à te sentir vivante, en sécurité. Tu te sentiras capable d’être qui tu as envie d’être, de vivre la vie souhaitée.

J’espère que ce message te sera utile. Tu peux t’abonner à ma chaîne YouTube pour retrouver mes vidéos dont celle sur Le Pardon.

Prends soin de toi. A bientôt !

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