Camille Picazo

Surmonter la panne de désir

Ces derniers temps, je traverse des moment-douleurs. J’épluche les couches de l’oignon. Je travaille sur des couches de protection de ma psyché douloureuses et difficiles. Le tout résultant en une conséquence : je n’ai plus de désir et je n’ai pas envie que mon partenaire me touche. Le moindre contact provoquant la peur en moi.

Je vous avoue que vu mon métier, mon égo en prend un coup. La super sexo qui doit avoir une vie sexuelle au top (d’ailleurs mon cher et tendre m’a sorti qu’on n’avait jamais autant eu de problèmes sexuels que depuis que j’avais commencé mes études. Comme je n’ai jamais été aussi malade que pendant mon année de naturopathie. C’est la purge !).


Ce que je note :

  • je suis super bien placée pour accompagner cette situation de vie (plutôt banale, vous pourrez en attester),
  • ça me fait une belle expérience pour accompagner mes clientes,
  • c’est un moment difficile à passer, mais comme tout, ça passe. Et j’en sortirai grandie, enrichie.

Je me suis donc (encore plus) penchée sur la sexualité. En quoi la sexualité est importante dans un couple ? Comment l’aborder, sans blesser son partenaire et en exprimant ses besoins (SPOIL : CNV !!!!) ? Quel est mon rapport au sexe ?

Pourquoi la sexualité est importante

Pour répondre au besoin de contact physique et d’affection

On a tous des besoins physiques différents. Selon la personne, ça peut être vital de faire l’amour tous les jours, plusieurs fois par jour. Pour d’autres, une fois tous les 6 mois, ce sera suffisant.

Certains combleront leurs besoins par un câlin au creux de l’épaule et pour d’autres, ce sera par une séance musclée au lit…

Et vous savez quoi ? Ce n’est pas un problème, c’est NORMAL. Nous sommes tous normaux (enfin pas tous tous, mais si en fait). Tant qu’il n’y a pas de douleurs ou de gravité, c’est ok. Il faut accepter notre façon d’être.

La plus grande problématique étant l’idée qu’on se fait de notre sexualité. En l’occurence, dans ma situation, je ne vais pas bien pourquoi ? Pas parce que je n’ai pas envie de faire l’amour. Je vais mal parce que je juge que je devrais avoir envie de faire l’amour et que ce n’est pas le cas.

C’est donc l’écart entre mon vécu et l’idée de ce que je devrais vivre qui me fait souffrir.

Et puis l’autre problématique sera l’équilibre entre MES besoins, mes envies et ceux de mon partenaire. L’idée étant que personne ne soit frustré ou ne se sente forcé. Parce que je le rappelle : même en couple, je fais l’amour parce que j’en ai envie et pas pour faire plaisir à mon partenaire, parce qu’il m’a fait un massage, parce qu’il me trouve sexy dans ma tenue du jour.
Vous comprenez ? Un NON en conscience à l’autre est un OUI avec respect à moi-même

C’est un moyen de connexion à mon partenaire

Nous vivons ensemble et en parallèle, on a tous des emplois du temps remplis avec le travail, les obligations, le sport, les amis. Il faut donc caser des temps de reconnexion à notre conjoint au milieu sinon on finit par s’éloigner et ne plus rien avoir à se dire. Autant dire séparation inévitable.

Le sexe n’étant pas le seul moyen de se reconnecter, de communiquer. On peut aussi choisir un temps, où on sera disponible tous les deux pour échanger sur nos journées.
Prendre un temps de reconnexion par le regard. Se fixer yeux dans les yeux quelques minutes (j’adore ça, ça me donne l’impression de connecter à son âme).
Connecter par le toucher et le contact : se programmer des séances de massages par exemple.
Partager une activité commune : sport, création, détente…

pas de désir

Ça fait du bien, ça déstresse

C’est vrai. Un rapport sexuel fait dans l’échange, le plaisir, ça fait du bien. On a le droit à une libération d’hormones en cascade. On se sent plus frais, reposé (c’est discutable, je sais), vivant, heureux, joyeux, détendu après un orgasme.

C’est un moyen d’accéder à une connexion à soi, au divin puissante

Et oui ! Last but not least, ouvrir un espace de sexualité sacré, c’est un peu tiré le gros lot au Loto. C’est dingue, c’est fou, ça ouvre des champs incroyables. C’est très beau. Un échange incroyable. Mais il faut le vivre pour le comprendre.

Que faire quand il n’y a plus de désir

Ou qu’il y a un blocage.

1- Déjà en parler entre vous.
Ce n’est pas simple de dire à son partenaire qu’on n’a pas envie de lui, que son corps qu’on aimait tant, apparait comme une menace… Mais c’est ESSENTIEL. Il/elle a besoin de comprendre ce qui se passe entre vos deux oreilles. Vous traversez peut-être une période difficile (stress, dépression, maladie, traumatisme). Mais vous n’êtes pas seul(e), votre compagnon de vie se tient à vos côtés dans la tempête et en souffre peut-être tout autant.

Parler, permet déjà d’abaisser les barrières au sein du couple. A condition, d’être dans l’écoute et la bienveillance (d’où la communication non-violente).

2- Ecouter ses besoins, ses désirs, ses peurs.
De soi à soi. De quoi ai-je besoin dans l’immédiat ? Qu’est ce qui me ferait me sentir bien, mieux ? De quoi ai-je peur ? Observer le schéma de sa relation, de ses relations précédentes. Se comprendre pour transmettre à l’autre.

Puis de soi à l’autre. Un premier pas pour aborder le thème de sexualité.
Nous ne sommes pas habitués à parler de ces sujets, pourtant ça parait indispensable pour créer un lien solide et surmonter cette épreuve.


Il est important de créer un espace d’amour et de sécurité avec son partenaire. Le définir en amont. S’attribuer des temps de parole (avec un minuteur, un bâton de parole), respecter la parole de l’autre : “je t’écoute, je ne réagis pas”. Puis s’exprimer quand c’est son tour.
Suivre l’enseignement de Miguel Ruiz avec Les Accords Toltèques : Ne rien prendre personnellement.
Est-ce que vous voyez la différence entre “mon partenaire n’a pas de désir parce qu’il ne m’aime plus” et “mon partenaire n’a pas de désir parce qu’il est mal dans sa peau” ? Moi oui ! 😉

3- Se faire aider.
Si vous ne travaillez pas sur vos blessures, vos peurs et vos réactions de défense, les choses ne vont pas se tasser d’elles-même. Ou alors elles le feront, mais pas dans le bon sens. La panne de désir n’est pas une fatalité, on peut la surmonter avec une bonne dose d’effort, d’amour et d’envie !

Faites appel à un thérapeute de couple ou un sexothérapeute pour vous aider à explorer cette problématique, qui est au final, une chance de mieux vous connaitre et connaitre votre amoureux/se.

désir sexualité
Naïve que je suis, j’ai cru que c’était des avocats au début….

Enfin, j’aimerai vous partager que tous les moyens sont bons pour remettre du piment dans votre couple : les jeux de rôles, le changement de décors, les tenues sexy… Laissez-vous cette liberté d’exploration. Cependant, ces astuces me semblent efficaces seulement sur du court terme. J’ai la sensation que pour une connexion sexuelle riche, épanouissante qui ne fane pas, il faut aller voir du côté des traditions taoistes, tantriques. Explorer une autre forme de sexualité.

Surmonter la panne de désir

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