Camille Picazo

Accompagnement de l’endométriose par la naturopathie

Endométriose : quand le corps devient champs de bataille

Maladie des plus médiatiques ces temps-ci : l’endométriose. Quelle victoire pour toutes celles qui se battent au quotidien pour la faire connaitre et reconnaitre. Mais également pour celles qui en souffrent, et celles qui en ont souffert. Une maladie silencieuse qui ravage des milliers de femmes à travers le monde. Le nombre de femmes diagnostiquées semblent en réelle augmentation ces dernières années (ou alors c’est juste que l’omerta est levé). Un peu plus d’une femme sur dix serait touchée en France.

Si vous voulez en savoir plus, je vous oriente vers l’association ENDOMIND qui parle très bien et en détail de la maladie, de ses manifestations.

Le chemin quotidien des femmes que j’accompagne est parfois laborieux, douloureux, triste. Outre la douleur physique, toute leur vie est impactée : leur vie professionnelle, familiale, amoureuse et sexuelle. Les douleurs peuvent empêcher de travailler, affecter l’humeur, la vie quotidienne, mais également la fertilité.

On a tendance à oublier les jolis moments. Célébrez ces les petites victoires : quand on ressent du plaisir, qu’on arrête de penser aux problèmes, qu’on se sent un peu mieux.

Causes de la maladie

Les causes sont floues, on a évoqué de nombreuses hypothèses. On peut citer : le flux rétrograde des règles, l’action des perturbateurs endocriens, un déséquilibre hormonal, des causes génétiques… Mais pas encore de réponse exacte sur les causes de cette maladie. Force est de constater que dans le tableau global des femmes que j’ai pu accompagner portant cette maladie, on retrouve généralement des histoires de violences physiques ou sexuelles (et parfois pas…).

En décryptant la maladie, on peut donc se demander si les affirmations suivantes résonnent :

      • Mon foyer est-il (ou a-t-il été) dangereux ? Est ce que je me refuse à faire un enfant dans ce nid ?
    • Est-ce que j’ai des croyances négatives vis-à-vis de mon corps de femme ou de mon rôle de mère ?

Traitement allopathique

Malheureusement, les médecins ont peu de solutions pour soulager, ils vont en général proposer des traitements hormonaux (ménopause artificielle) ou plus radicaux comme la chirurgie (ablation de l’utérus entre autres).

Accompagnement naturopathie

Nous avons en tant que naturopathe, toute notre place pour accompagner cette maladie. Pas de miracle, la guérison étant entre les mains de notre client, mais nous pouvons apporter quelques pistes d’exploration pouvant l’aider.

Répondant moi-même à un tableau clinique proche de l’endométriose, je peux vous assurer qu’on peut s’en sortir, c’est un travail du quotidien, mais on peut aller mieux.

L’endométriose est une maladie inflammatoire, chronique et complexe. Quand le diagnostic est posé, les femmes concernées se sentent souvent démunies, seules, incomprises (par l’entourage, le conjoint, les médecins).
Je vais donc vous présenter quelques pistes pour soulager l’endométriose, sachant que le suivi avec un professionnel est nécessaire pour un accompagnement complet :

☞ L’alimentation

Premier conseil systématique : adopter une alimentation anti-inflammatoire, qui va permettre de réduire l’intensité des crises, de commencer à réguler le terrain.

      • Eviter les aliments inflammatoires : produits transformés (plats préparés, gâteaux industriels etc), le gluten, les produits laitiers, le sucre (qui en plus est un GROS perturbateur endocrinien)…
    • Favoriser aliments anti-inflammatoires : les fruits et légumes, les bonnes huiles
      Vous pouvez aussi ajouter du curcuma rapé sur vos plats (avec une pointe de poivre), vous faire de bons jus de légumes au quotidien…

☞ La détente

Un aspect primordial dans le soin de cette maladie est la gestion du stress. Le stress va entraîner la production de cortisol par les surrénales (des petites glandes situées au-dessus de vos reins), et cette production de cortisol se fait à partir de progestérone. Une hormone féminine qui est déjà en carence chez la femme atteinte d’endo.

☞ L’équilibre hormonal

Dans le tableau clinique de l’endométriose, on constate souvent un excès d’oestrogène et une carence en progestérone. Il va donc falloir rééquilibrer tout ça avec de la phytothérapie notamment (un peu complexe quand il y a prise de pilule).

Une fois encore, pas d’auto-médication, allez voir un professionnel (naturopathe, phytothérapeute, praticien en MTC).

L’excès d’oestrogène peut aussi être dû à la présence de xénoestrogènes, vous savez ce qu’on appelle aussi les perturbateurs endocriniens ?

Il va falloir épurer son environnement : supprimer le plastique de son frigo (ou du moins ne pas le chauffer), faire attention aux habits qu’on achète, aux cosmétiques ou produits d’hygiènes mis sur notre peau, aux produits d’entretien, mais aussi à la décoration, à la peinture etc…

Ça parait un calvaire comme ça, mais progressivement et en étant accompagné, ce n’est pas si compliqué.

☞ La santé du système digestif

L’endométriose est très souvent accompagnée par des troubles digestifs : constipation, diarrhée, SII…

Il est donc essentiel de venir réguler cette sphère afin d’éviter l’encrassement du corps et de soulager certains maux (ballonnements).

☞ L’équilibre psycho-émotionnel

Se faire accompagner par un professionnel de la thérapie me semble indispensable : hypnose, psychothérapie, décodage biologique… Vous avez vraiment le choix aujourd’hui, alors n’hésitez pas. Pour les maladies “lourdes” ou plus “complexes”, il est vraiment intéressant de venir explorer les blessures du passé et de s’alléger au quotidien.

☞ Remettre du mouvement, de la vie dans le bas-ventre

Chaque moment de douleurs est une petite mort pour notre corps, on a l’impression d’être coincée, prise en traître, on le/se déteste un peu plus.

La vie, c’est le mouvement : remettez de la vie dans cette zone. On bouge, on fait du sport, du yoga. Pourquoi pas se mettre à la danse du ventre ou faire des mouvements de bassin sur une musique qu’on aime ?

endométriose naturo

Le petit plus qui fait du bien

Dans les moments de crise, on a besoin d’outils ou de tips pour soulager rapidement :

    • la bouillotte : miracle pour toute endo-girl, bien chaude, elle va soulager un peu des douleurs, fluidifier l’écoulement du sang. (!) attention en cas de règles très abondantes.
    • les poches de bains dérivatifs : poches yokool ou poches glacées qu’on garde au congélateur. A porter tous les jours dans sa culotte (enroulées dans un linge pour éviter de se brûler) entre 30 min et 3h. Qui va permettre de décongestionner le petit bassin, d’améliorer la circulation sanguine, d’augmenter l’élimination des déchets… (!) à ne pas utiliser en période de règles.
      • 1 à 2 gouttes d’huile essentielle de basilic sacré diluées dans de l’huile végétale (olive, amande, sésame) et masser sur le bas du ventre. Cette huile essentielle a une action antispasmodique.
    • faire des exercices de méditation, de sophrologie, de respiration.


Je vais vous raconter mon expérience perso :

quand je suis en crise, je me “dissocie” de mon corps. Il y a le moi physique qui souffre, qui est à terre, se tord de douleur. Et il y en a une autre, qui prend du recul sur les douleurs, qui peut venir me caresser la tête, me rassurer et me dire “ça va passer”, “ça fait déjà une demi-heure, c’est bientôt fini”, “tu sais que si tu t’endors, tu es sauvée”, “tiens le coup”, “je t’aime”.
Ça va peut-être vous paraître fou, mais c’est ma petite astuce pour tenir pendant les crises. Je tiens un espace d’amour, de douceur et de bien-être pour moi-même.

Et la sexualité dans tout ça ?

Il est très difficile de se sentir femme, de se sentir bien dans son corps, dans sa sexualité quand une de nos fonctions gynécologiques est “défaillante” (ou vécue comme telle).

Tout ce qui touche au ventre à une symbolique particulière pour la femme, le bas-ventre étant un lieu de création de vie, mais aussi de création énergétique, symbolique. La maladie nous coupe de cette dimension créatrice, de plaisir et d’action positive. On n’existe plus que par la douleur.

D’autant plus que l’endométriose est parfois couplée à des problématiques sexuelles : douleurs à la pénétration, saignements, trouble du désir, de l’excitation, de la lubrification…

Il faut communiquer avec votre conjoint, ça peut être une situation très difficile à vivre pour vous, mais pour lui aussi.

Vous allez pouvoir découvrir de nouvelles manières de faire, d’agir : soyez curieuses, explorer le slow-sex, la douceur, la non-pénétration, le tantra…

Parfois, il faut réinventer nos pratiques. Nous avons nos habitudes, ces trucs qui fonctionnent et nous n’allons plus chercher d’autres façons de faire. Une expérience particulièrement libératoire : faire l’amour sans pénétration, en discuter en amont et se l’interdir / ou faire l’amour en s’interdisant l’orgasme (quel bonheur celui-ci) !
Ça peut tout changer, vous montrer que le but qu’on se fixe va souvent orienter notre pratique et nos ressentis…

Profitez de l’endométriose pour retrouver une sexualité connectée et non pas automatique. Faire l’amour (avec soi ou son partenaire d’ailleurs) c’est donner de l’amour, partager un moment, concrétiser notre lien. C’est beau, ça vibre.

Mais parfois, c’est trop difficile de surmonter toutes ces étapes seule, alors faites vous aider d’un professionnel ! (Je ne sais pas combien de fois je l’ai répété dans cet article, mais c’est une clé quand on est fasse à une maladie complexe) 

——————————————————————————————————————————————————-

Vous l’aurez sans doute compris, l’accompagnement va être complexe et long. Mais, ne perdons pas espoir. On peut vraiment faire quelque chose avec cette maladie. Vous n’êtes pas condamnée à en souffrir jusqu’à la ménopause (contrairement à ce qu’on entend parfois).

Mais il faut choisir d’être responsable de sa vie, de son corps, choisir de changer ses habitudes. Accepter que cette maladie a un but, une raison. Elle est là pour nous rappeler quelque chose que nous n’avons pas encore compris, intégré.

Mais surtout, ce que j’aime faire redécouvrir à mes clientes, c’est le plaisir, le plaisir de vivre, le plaisir d’être dans leur corps. C’est si important…

Accompagnement de l’endométriose par la naturopathie

4 commentaires sur “Accompagnement de l’endométriose par la naturopathie

  1. Bonjour
    J’ai discuté avec plusieurs médecins et je n’ai pas la confirmation d’un point du vu “expérience” du déséquilibre hormonale en faveur des oestrogènes que vous mentionnez. Je l’avais déjà entendu (par une autre naturopathe). D’où vient cette info svp ?

    1. Bonjour,
      Je ne suis évidemment pas médecin, mais on peut le confirmer par des symptômes comme douleurs dans le ventre au moment de l’ovulation, seins gonflées et qui tirent avant les règles… On trouve cette information dans divers livres également qui traitent des maladies gynécologiques (il faudrait que je me replonge dans ma bibliothèque, si vous voulez les titres exactes).
      De plus, on constate aujourd’hui que la plupart des femmes ont un déséquilibre hormonal avec plus d’oestrogène (lié à un foie surchargé qui évacue moins bien les dites-hormones, mais aussi à notre environnement qui est chargé en xénoestrogène (eau du robinet avec des présences d’hormones liées aux pilules contraceptives, plastiques de partout…).

      J’attend votre réponse et votre point de vue sur la question avec plaisir !
      Belle journée,
      Camille

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut