Vivre son sexe

En tant que femme, jeune femme, j’ai eu l’impression de traverser mes premières relations de couple (hétéro) et premières expériences sexuelles avec difficulté, douleur ou indifférence, mais jamais facilement, j’avais pourtant l’impression avec le discours ambiant ou ce que me rapportaient mes amies, que le plaisir, le désir étaient innés, instantanés. Je fractionne ce thème en deux articles : la question du plaisir et du désir et ce que j’aurais aimé qu’on me dise en tant que jeune fille.

Cet article fait suite à celui sur l’acceptation de notre corps et notre cycle, comment s’ouvrir sainement, avec amour (dans tous les sens du terme) à l’autre si on n’est pas connecté à soi, à son corps, si on n’est pas dans l’acceptation, l’amour et l’écoute de soi ?

Dans nos sociétés, où le sexe est omniprésent, les femmes souffrent d’une injonction à la jouissance, il faut jouir vite, facilement, proprement, le sexe est presque clinique (les hommes souffrent aussi de leur injonction : virilité, il faut bander dur et longtemps…). Nous avons cru à la libération de la femme, des mœurs et de la sexualité dans les années 70, mais la société de consommation, nous a poussé à surexposer les corps et le sexe, mais à en détourner le sens premier.
Nous avons l’impression de connaître les corps et l’anatomie des hommes et des femmes, car nous les voyons quotidiennement, mais nous ne les connaissons que de manière superficielle.

naturopathe SPM aix

Plaisir et désir

Pour connaître du plaisir dans la rencontre à l’autre, il faut le désirer, avoir envie d’elle ou lui, avoir attendu, fantasmé la rencontre. Les premiers mois, voire années sont rendus faciles par la passion des débuts, le désir est là, nous sommes encore dans la phase de découverte de l’autre, nous ne le voyons pas au quotidien, il comporte encore une part de mystère.
Mais au quotidien, avec la charge mental, nos boulots, nos vies pleines de stress, le désir diminue et on pense moins au sexe, on oublie nos corps.
Il faut réapprendre le désir. En début de relation, on ne voit que l’autre, rien n’existe autour. Retrouvons ces sensations, prenons le temps de nous regarder, de nous écouter, de nous toucher.
Reconnaissons aussi les différences entre homme et femme (leurs désirs sont différents).

Mais aussi les différentes formes de désirs : on a cette croyance que le désir est inné. Je vois mon partenaire et instantanément, j’ai envie de lui faire l’amour. Pour certaines personnes, c’est le cas, c’est ce qu’on appelle le désir spontané, qui est interne. Mais dans la majorité des cas, nous répondons au désir de réponse, qui est externe : suite à une stimulation, j’ai envie de rapports sexuels.

 

Il y a deux écoles : celle qui promeut le désir venant de la nouveauté et celle qui nous dit que la promiscuité et l’intimité avec le partenaire va accroitre le désir.

Changer le contexte

En restant dans son train-train quotidien, il peut être vraiment compliqué de ressentir du désir pour son partenaire. Imaginez-vous le soir, rentrant du travail, vous êtes fatigués, vous venez de passer 1h dans les embouteillages, la maison est dans un état minable, vous n’avez rien à manger et le frigo est vide. Votre partenaire arrive en face de vous, avez vous envie de le déshabiller et de jouir sur la table de la cuisine ? Pas vraiment non.

Tout est question de contexte. Maintenant imaginez, vous êtes en congé, dans un endroit paradisiaque, vous vous êtes détendu toute l’après-midi, vous prenez un bain à fleurs, entouré de bougies. Votre partenaire arrive, vous êtes bien plus disposé à poser vos mains sur son corps et à jouir de vos sens.

Je me souviens d’une soirée avec mon compagnon, nous avions simplement joué aux Questions qui font (re)tomber amoureux, nous avions créé un espace d’intimité, de confiance assez incroyable. Et ce genre de moments hors du temps booste la libido et le désir de l’autre.

naturopathe aix en provence

Faire l’amour

Une fois le désir installé, on va passer à l’acte charnel et à la dimension de plaisir. Si les bases ont été correctement posées (amour de soi, connaissance de soi (théorie de l’anatomie et pratique masturbatoire)) et que notre partenaire nous écoute et nous respecte, le plaisir devrait être au rendez-vous.

Cependant, il ne faut pas oublier que pour une femme, le fait de faire l’amour est quelque chose de fort et de très intime dans le sens où elle va accueillir quelqu’un en elle, elle autorise le phallus à la pénétrer, à pénétrer sa plus chère intimité.
Mettez donc de la valeur dans vos corps, notre sexe est un antre sacré, béni, quoi de plus beau que ce lieu dédié au plaisir et à la création de la vie ? Apprenons à aimer cette zone de notre anatomie telle quelle est. Je suis révoltée d’entendre certaines femmes dirent que « l’épilation intégrale, c’est obligatoire si on veut être sexy ou féminine », ou encore que votre sexe devrait ressembler à tel modèle… Nous sommes toutes uniques, toutes différentes, toutes belles. Ne nous laissons pas dicter notre corps par des modes ou des habitudes liées au porno.

On peut avoir envie de faire l’amour ou de prendre du plaisir ou désirer l’autre, mais il est important de sentir, de visualiser sa propre anatomie et d’apprendre à désirer l’autre en soi, apprendre à recevoir l’autre en soi. Il est généralement facile pour la femme (mère) de donner, mais moins de recevoir.

Malgré tout, il faut accepter que selon son cycle ou le cours de la vie, parfois, nous n’avons pas envie ou si nous avons envie, nous n’avons pas forcément de plaisir ou encore, on peut avoir envie dans sa tête et pas dans son corps….
Dans ce cas, respectons-nous, écoutons-nous, soyons capable de mettre des mots dessus et de ne pas nous forcer, au risque de vexer notre partenaire, si celui-ci n’est pas capable d’accepter un refus, c’est qu’il a un problème et non pas vous.
Je sais que certaines femmes vont préférer se forcer pour avoir la « paix » mais à quel prix ? Et sous le prétexte que monsieur insiste. Quand c’est non, c’est non , et si l’autre n’est pas capable de respecter votre refus, c’est qu’il ne vous respecte pas.

La question du temps

Laissons du temps au temps. Le corps de l’homme et celui de la femme sont différents, ils ne réagissent pas de la même façon, il ne faut pas appuyer sur les mêmes boutons pour actionner le désir/le plaisir, mais surtout en tant que femmes, nous avons généralement besoin de plus de temps : un homme pourra avoir un orgasme en quelques minutes alors que la femme aura besoin d’en moyenne de 20 minutes. D’où l’importance de préliminaires, qui vont des baisers aux caresses plus intimes, mais par pitié, mettez-y de la conscience, on ne suit pas les étapes d’une recette.

N’hésitez pas à partager sur ce sujet qui me passionne, j’adorerai avoir vos retours, vos points de vu…

– arts de Georgia O’Keeffe

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s